Démarches effectuées auprès de différents organismes depuis 1973 :

- Ministère des affaires étrangères
- Abbé Pierre
- Consulat de France au Chili
- Amnesty International
- Croix Rouge International
- Courrier adressé au Président de la République Jacques Chirac
- Courrier adressé au Pape Jean Paul II par Roberto Pesle
- Commission Nationale de Vérité et Réconciliation
- Médecins du Monde

Toutes les démarches entreprises depuis 1973 auprès des autorités françaises ou chiliennes n’ont apporté aucun éclaircissement sur le sort d’Etienne Pesle. Les multiples plaintes déposées par sa femme auprès  de la justice chilienne ont été fermées ou sont tombées en application de de la loi d'amnistie.

 

Liste des plaintes déposées entre 1974 et 2005 :

1974 :
Sa femme, Haydée Pesle, dépose une plainte « Presunta Desgracia » auprès de la 2e chambre du tribunal de Temuco, affaire n ° 48/392, plainte qui sera fermée en application de la loi d'amnistie.

1976 :
Présentation d'une nouvelle plainte n° 36-119 - 3e chambre du tribunal de Temuco pour « inhumation illégale », plainte fermée temporairement en juin 1976.

1978 :
Haydée Pesle effectue une « Declaración jurada » devant Notaire à Temuco, en date du 5 juillet 1978.

1979 :
La plainte n° 2-79, présentée par l’avocat René Saffirio Épineux, est fermée temporairement puis, à la nomination d'un nouveau ministre, Alfredo Meynet González, la plainte est réouverte le 1er avril 1979 auprès de la 2e chambre du tribunal de Temuco. Le 25 octobre 1979, le ministre se déclare incompétent et expédie le dossier au IV tribunal militaire de Valdivia. Le 19 décembre 1979, le tribunal militaire de Valdivia se déclare compétent, ordonne au parquet militaire de Cautín d'instruire la plainte n° 1192 bis-79 et expédie les documents au tribunal d'aviation qui ordonne le 30 janvier 1980 l'instruction de la plainte n° 7-80 par le Ministère public d'aviation de Puerto Montt. Le tribunal décide de fermer temporairement la plainte le  23/07/81, et confirme cette décision par la résolution de la Cour martiale le 20/10/81.

1981 :
Le 30 octobre 1981, Haydée Pesle quitte le Chili avec ses enfants car elle est en danger et risque d’être arrêtée, alors qu'elle a déjà subi des violences. Depuis lors, elle vit à Paris.

1993 – voyage au Chili
La famille d'Etienne Pesle part au chili pour présenter son cas auprès de la "Commission Nationale Vérité et Réconciliation" - Rettig – qui tente de recueillir les témoignages sur les disparitions et les violations des droits de l'homme au Chili. Elle reconnaît le 17 mars 1993 qu'Etienne Pesle est une victime de violations de droits de l'homme en qualité de détenu disparu.

1993 :
Une nouvelle plainte est présentée par son épouse (avocat Alphonse Insulza Bascuñan), le 22 mars 1993, n° 77,719, au tribunal de Temuco.

1998 : voyage au Chili
Une nouvelle plainte présentée par l’intermédiaire du Programme des Droits de l'homme, n° 2182-98, le 12/1/98 à travers Me Francisco Bravo López. Cette plainte a été fermée et ensuite relancée par un « exhorto » dicté par le Juge Guzmán Tapia. Finalement le elle a été temporairement fermée et un non-lieu a été prononcé le 24/11/2003.

Il faut remarquer qu'à cette date aucune instance du processus judiciaire n'a convoqué les témoins directs de l'arrestation de la victime, tous fonctionnaires d'Indap présents au  moment de l'enlèvement d'Etienne Pesle par l’armée de l’air.

En France
1998 :
Le 16 octobre 1998, Augusto Pinochet, l’ancien dictateur chilien, âgé de 82 ans, est arrêté à Londres, dans la clinique où il avait été opéré d’une hernie lombaire, et fait l'objet d'une demande d'extradition de l'Espagne, à l'initiative du juge Garzon, pour génocide, tortures et disparitions.

 

En France
Le 26 octobre 1998, « une instruction a été ouverte » au sujet de la disparition de cinq Français au Chili, immédiatement après l'arrestation du général Pinochet. La justice a retenu le caractère continu du crime de disparition forcée, car les corps des victimes n’ont jamais été retrouvés.

Les cinq victimes sont : Alfonso CHANFREAU (étudiant), Etienne PESLE (en charge de la réforme agraire à l’INDAP - coopératives), George KLEIN (médecin), Marcel AMIEL BAQUET et Jean-Yves CLAUDET FERNANDEZ (disparus en Argentine dans le cadre du plan Condor).

Le 12 novembre 1998, le juge lance deux mandats d'arrêts internationaux. Suite à ces mandats, la France demande à la Grande-Bretagne d’extrader le général chilien.
Le 30 septembre 1999, la Cour d'appel de Paris confie deux autres dossiers au juge Hervé STEPHAN. Celui sur la mort du prêtre André JARLAN, tué par la police chilienne le 4 septembre 1984 et l'autre sur Henri ROPERT (assassiné en septembre 1973 et fils de la secrétaire de l'ancien président Salvador Allende).
Le 30 décembre 1999, le Procureur de la Cour suprême du Chili autorise le juge Roger Le Loire à se rendre au Chili pour y rencontrer les anciens collaborateurs du général Pinochet. Le juge aurait fait aussi une demande de commission rogatoire auprès de l'Argentine et des Etats-Unis.
Le 5 janvier 2000, les autorités chiliennes refusent d'accueillir le juge.
Le 13 janvier 2000, suite à la décision de ne pas extrader le général Pinochet vers l’Espagne, rendue par le ministre de l’Intérieur de Grande-Bretagne, le juge d’instruction adresse une nouvelle demande d'audition.
Le 20 janvier 2000, le juge Le Loire lance une commission rogatoire internationale, réclamant notamment une copie du rapport médical.
Le 2 mars 2000, Pinochet est finalement libéré, le ministre britannique de l'Intérieur, Jack Straw, ayant, "pour raisons médicales", refusé de l'extrader. Depuis son retour au Chili, Augusto Pinochet est l'objet de poursuites judiciaires menées par le juge Juan Guzman Tapia. Ses avocats invoquent pour sa défense son état de santé mentale, ce qui lui permet d'échapper à un procès.

Le 21 mai 2001, le général Paul Aussaresses est entendu comme témoin, en tant qu’ancien attaché militaire à l'ambassade de France au Brésil, sur l’opération Condor.
Le 22 mai 2001, Carlos est entendu comme témoin.
Le 29 mai 2001, l'ancien secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger, en visite en France, refuse de témoigner devant le juge d'instruction Roger Le Loire, qui enquête sur la disparition de cinq Français au Chili, dont l'un d'entre eux aurait disparu dans le cadre du plan Condor. La demande du juge Roger Le Loire fait suite à une demande de Me William BOURDON, qui a également demandé au magistrat d'interroger Richard Helms et Jack Kubish. L'ambassade américaine à Paris aurait répondu au juge Le Loire que les informations dont dispose Henry Kissinger sont considérées  comme "officielles" et qu'il devrait adresser sa demande au département d'Etat.

Fin juin 2001, le juge Loire envoie une commission rogatoire internationale aux États-Unis pour demander le témoignage de Henry Kissinger.
Le 25 d’octobre 2001, le juge d'instruction de Paris lance des mandats d'arrêts internationaux contre quinze militaires chiliens majoritairement à la retraite.

Ces mandats d'arrêt, émis pour "séquestration accompagnée de tortures" ou "complicité", sont transmis à Interpol ainsi qu'aux autorités chiliennes à travers la Chancellerie. Dans le cas d'Etienne Pesle, ces mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre Andrés Pacheco Cárdenas et Emilio Sandoval Poo.

2002 :
21 mai 2002, le juge d’instruction qui enquête sur la disparition de cinq Français au Chili annonce la fin des investigations, ce qui ouvre la voie à un procès par contumace.

2005 :
En juin 2005, demande de réouverture de l'instruction concernant la plainte n° 2182-1998, par Anne-Marie PESLE à travers l'avocate Marcela AVILES HERNANDEZ de Derechos Humanos Programa - Corporación Nacional de Reparación y Reconciliación. Depuis lors cette organisation a donné très peu de nouvelles à propos des démarches effectuées.

L'ancien dictateur chilien meurt le 10 décembre 2006 sans avoir été jugé par la justice chilienne.